Séniors et Bien vieillir

Les séniors représentent une part importante et toujours croissante de notre population (26.6% de la population).  

Les séniors de plus de 70 ans font partie de la population la plus représentée dans les services de rééducation hospitaliers à la suite de fractures, d’arthropathie ou de difficultés à marcher notamment.

Bien vieillir est une de leur préoccupation principale. Les services de santé ont répondu à cette attente par le biais de plusieurs recommandations, dont notamment la pratique régulière d’une activité physique douce et une alimentation adaptée à leurs besoins.

Cependant, en avançant dans l’âge, les séniors peuvent être limités dans leurs activités physiques et quotidiennes, à la suite d’une blessure, d’une maladie ou de douleurs chroniques.

Cette limitation se traduit par une sédentarité accrue et une appréhension à la mobilité.  Il en résulte une perte de mobilité qui fragilise la personne âgée dans son quotidien. Moins mobile, elle voit diminuer ses aptitudes fonctionnelles (marche, déplacement, transfert assis/debout...). Peuvent alors apparaître des troubles de l’équilibre, des enraidissements articulaires, une fonte musculaire.  Ces troubles induisent un des risques les plus fréquents chez la personne âgée : Le risque de chute.

Le risque de chute a été estimé à 90% des accidents de la vie courante des plus de 75 ans dans les services d’urgence. La chute a souvent des conséquences graves chez la personne âgée : physiques (fractures, hématomes...) ou psychologiques (peur de la récidive, manque de confiance dans les aptitudes au déplacement...).

Il représente donc un véritable enjeu pour la santé publique et des actions de prévention régionales sont mises en place pour réduire ce risque et les hospitalisations et la perte d’autonomie qui en découlent.

Pour aider la personne âgée à conserver ses aptitudes fonctionnelles, lui permettre de garder sa mobilité pour être autonome dans ses déplacements et dans ses mouvements, pour l’aider à récupérer d’une blessure ou d’une maladie, le kinésithérapeute est l’interlocuteur privilégié.

Il peut intervenir en prévention, comme en rééducation. Il va aider à maintenir l’autonomie du sénior en lui permettant d’effectuer seul les activités de la vie quotidienne.

 

Le rôle clé du kinésithérapeute en prévention et en rééducation

Il utilise différents exercices et techniques en fonction de l’objectif recherché, de la pathologie et des aptitudes du patient.

Concrètement, il intervient en rééducation pour permettre au patient âgé de récupérer une aptitude fonctionnelle altérée après une blessure ou une maladie, de s’adapter à un handicap (prothèse, perte définitive d’une capacité fonctionnelle...), pour soulager une douleur chronique, pour traiter les troubles liés au manque d’activité physique (difficulté à marcher, équilibre, tonus musculaire...).

En prévention, il intervient sur les troubles de l’équilibre, le renforcement musculaire, la mobilité pour permettre au patient âgé de conserver son capital mobilité/santé et ainsi mieux vieillir.

 

Les techniques spécifiques de rééducation dédiées aux seniors

La fragilité des personnes âgées nécessite une prise en charge douce et très progressive par le kinésithérapeute.

Il va donc utiliser différents outils adaptés à cette contrainte.

L’amplitude articulaire

Elle est travaillée grâce à une mise en mouvement de l'articulation concernée, soit en manuel, soit avec des équipements adaptés.

La mobilisation est progressive et tient compte  des possibilités du patient, de son ressenti (douleur), et de sa pathologie.

Lorsque le travail est effectué manuellement par la force du kiné, le thérapeute va gérer le mouvement, l’intensité et l’amplitude en fonction du besoin.

Ils peuvent également être initiés par la pesanteur, le membre rééduqué travaillant l’amplitude sous l’effet de la pesanteur.

Les mouvements articulaires peuvent aussi être initiés par un appareil motorisé qui va permettre de mobiliser l’articulation sans action du patient.

  • Les arthromoteurs (appareil de mobilisation articulaire avec ou sans action du patient) sont les matériel kiné les plus couramment utilisés:

Ce sont des équipements de type attelle, munis d’un moteur ou vérin, qui mobilisent de façon totalement passive et continue une articulation. 

Les plus courants concernent le genou, l’épaule et le coude et sont proposés par Kinetec, première entreprise à avoir proposé ce type d’appareil en rééducation.

Il existe également un arthromoteur rachidien,  proposé par Satisform : le ZENDOS.

Cet arthromoteur rachidien (dos) permet au patients souffrant du dos et souvent bloqué par la douleur de retrouver une mobilité.

Le patient, assis sur une selle et en appui sur un support thorax, est mobilisé au niveau du tronc et du bassin. Les mouvements lents et répétés génèrent une relaxation neuromusculaire profonde qui permet la remobilisation de patients hyper algiques.

  • DPA Med - Satisform  

Cet appareil motorisé permet de redonner de la mobilité et faciliter la marche chez la personne âgée.

Il mobilise les membres inférieurs en intégrant un mouvement lemniscatoire 3D répétitif en décharge de poids (patient allongé).

Ce mouvement va permettre une mobilisation passive du bassin, semblable à la marche, et par propagation, une mobilisation du rachis.

 

Le travail d’entretien et de renforcement musculaire

Il est très important, et sera effectué après que la mobilisation articulaire soit récupérée.

Il permet également de traiter les pathologies de type épaules douloureuses chroniques ou rhumatismes inflammatoires (gonarthrose..)

Il est effectué par des répétitions d’exercices avec ou sans bandes élastiques ou poids. Souvent, le kinésithérapeute donnera au patient des exercices à effectuer au domicile pour compléter le travail entre les séances.

Il existe également différents matériels kiné permettant le renforcement musculaire des seniors.

  • Le tapis de marche ou tapis de course

Il permet un travail de base sur les membres inférieurs.  Il est notamment conseillé dans le cadre d’une rééducation à la marche après une prothèse de hanche, par exemple ou pour l’entretien musculaire des personnes âgées.

Il est le plus souvent doté d’un moteur permettant d’entrainer le tapis à vitesse modulable.

  • Les ergo-cycles,

Ce sont les “vélos d’appartement” qui permettent un travail d’entretien ou de renforcement des membres inférieurs. Il existe des modèles “allongés” particulièrement adaptés aux séniors. Il est facile de s’y installer et la position permet de se concentrer exclusivement sur le travail musculaire des jambes.

  • Pouliethérapie 

Un système de poulies, avec cordes et poids permet de mobiliser les articulations de manière active et d’effectuer du renforcement musculaire adapté. Les différents poids offrent une souplesse d’adaptation aux besoins de rééducation et aux possibilités du patient.


Le travail sur l’équilibre

Il est primordial dans la prévention des chutes car l’altération du sens proprioceptif est une des premières causes du risque de chute.

La proprioception est la capacité, consciente ou inconsciente, à connaître la position exacte de son corps et de chacun de ses membres sans faire appel aux cinq sens habituels. C’est elle qui permet de coordonner nos mouvements et rester en équilibre.

Pour travailler sur l’équilibre et donc la proprioception, le kinésithérapeute va créer des exercices en déséquilibre. Cela permettra de rééduquer le patient en entraînant son corps à réponde de façon appropriée à cette stimulation. Il s’agit par exemple de lever les bras en gardant l’équilibre ou de lever un pied tout en restant en équilibre sur la jambe d’appui.

Lorsque ces bases sont acquises, le travail peut se faire sur des plans instables grâce à du matériel kiné adapté :

Pour un travailler l’équilibre debout, le kinésithérapeute peut utiliser les matériels kiné suivants :

  •  Plateau de Freeman

Le principe de ce matériel est un support instable en bois composé d’une sphère surmontée d’un plateau sur lequel le patient peut travailler de bout et en sécurité (récupération de l’équilibre en posant le pied au sol)

Le travail s’effectue partie sphérique au sol, patient sur le plateau, pour créer une instabilité nécessaire au travail de proprioception.

  • Trampoline

Le trampoline est un matériel kiné ludique et apprécié des patients. Pour les personnes âgées, il existe des versions avec supports mains pour une meilleure maîtrise du mouvement et de son intensité par le patient.

  • Imoove

Imoove est une plateforme motorisée directement inspirée du plateau Freeman. Le patient y est installé debout. Son mouvement hémisphérique  créée une instabilité dans les 3 plans. L’intensité des mouvements induits est réglable pour s’adapter à la pathologie, aux aptitudes du patient et aux objectifs de récupération proprioceptive.

Le travail assis sur l’équilibre s’adresse aux personnes dont la mobilité est réduite ou qui ont des difficultés à maintenir une station debout.

Pour un travailler l’équilibre assis, le kinésithérapeute peut utiliser les matériels kinés suivants :

Il s’agit d’un appareil présentant une selle mobile en 3 D équipée de supports pour les jambes et de poignées.

Il permet de développer le sens proprioceptif du patient en lui permettant d’initier et de contrôler les mouvements de la selle mobile. Ce travail peut se faire avec ou sans contrôle visuel.

La réalisation des exercices les yeux fermés ou avec une tâche supplémentaire (attraper une balle, tirer sur des élastiques) permettent de renforcer le sens de l’équilibre.

  • HUBER

HUBER® 360 est une plateforme motorisée sur plusieurs axes, connectée et dotée de capteurs de force qui associe un travail de renforcement musculaire et d’équilibre.

 

Les douleurs chroniques

Le kinésithérapeute pourra, en plus des exercices de mobilité, utiliser la physiothérapie pour soulager certaines douleurs.

La physiothérapie utilise un agent technique pour effectuer la rééducation : chaud (thermothérapie), froid (cryothérapie), ultrasons, eau (kiné balnéothérapie).

  • Thermothérapie pour soulager les douleurs liées à l’arthrose notamment,

Elle permet de soulager les douleurs musculaires par l’application locale de froid ou de chaud ou encore les deux successivement.

La chaleur réduit les contractions et tensions musculaires (lombalgies, raideurs musculaires, torticolis, rhumatisme...). Le kinésithérapeute peut utiliser des coussins ou compresses chauffé(e)s ou  une lampe infra rouge (qui génère de la chaleur) à appliquer sur la zone douloureuse.

Le froid réduit le gonflement et permet de soulager les douleurs dans des pathologies chroniques chez les personnes âgées type inflammations - Arthrite - Arthrose -

Les équipements en matériel kiné sont de deux types : appareil générant de l’air froid soufflé à appliquer sur une zone délimitée ou chambre de Cryothérapie traitant l’ensemble du corps.

  •  kiné balnéothérapie pour un travail doux de renforcement musculaire ou pour détendre les muscles enraidis par la douleur,

Cette technique nécessite l’immersion du patient dans un bassin ou une piscine qui effectue des mouvements dans l’eau, travaillant la mobilité et le renforcement musculaire grâce à la résistance offerte par l’eau.

Il peut également être traité pour détendre les muscles par des jets d’eau, douches, compresses, enveloppement (hydrothérapie)…

Cette technique, parce qu’elle nécessite un bassin ou une piscine, est plutôt réservée aux établissements de cures ou de thalassothérapie.

  •  ultrasons pour réduire les inflammations

Les ultrasons créent des vibrations dans un endroit précis du corps. Ces vibrations ont un effet mécanique (assouplir les zones fibreuses) et un effet thermique (drainer la zone concernée).

Cet appareil kiné spécifique est utilisé pour traiter les pathologies musculaires et tendineuses, les  adhérences et cicatrices. On peut citer à titre d’exemple, l’arthrose (gonarthrose, coxarthrose,) les capsulites, les raideurs articulaires, tendinopathies, les séquelles fibreuses des entorses et lésions musculaires.

 

Toutes ces techniques permettent au kinésithérapeute d’offrir à ses patients âgés une gamme variée et adaptée d’exercices en fonction de ses besoins.

Le kinésithérapeute intervient également auprès de l’entourage de la personne âgée pour que le travail effectué en séance puisse être relayé à domicile par l’entretien de l’activité. Ceci permettant le maintien de l’autonomie récupérée grâce aux séances de kinésithérapie.

Ainsi le kinésithérapeute, par son intervention en prévention, comme en rééducation, est un acteur clé du bien-vieillir en aidant au maintien de l’autonomie et au soulagement des douleurs de ses patients âgés.

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